vendredi 21 juillet 2017

Frisons l'innommable



Le nez dans mes archives, je propose une nouvelle redif que je publie -contrairement à la première -  en ayant procédé à quelques petites modifications. Prêts pour un billet sur les phénomènes saisonniers ?


* * *
Le sens démocratique profond qui anime chacun, guide évidemment ses pas, éclaire indéfectiblement ses actions, vous savez ce que c’est…
Il se trouve qu’en certaines circonstances il s’avère moins profond, plus relatif, pour ne pas dire franchement tempéré, comme emporté par la foule qui nous traîne nous entraîne… mais je m’égare.  
Sans pour autant tomber dans la culture de l’excuse, c’est souvent du fait de certains êtres vivants qui – il faut bien le dire – ont le malheur de partager la planète avec nous.
Le problème est le comment, car ils pourraient se contenter de la partager -de loin pour commencer - au lieu de nous emmerder et quand je dis emmerder rarement une expression aura été aussi juste pour parler de ces putains de mouches.

Car c’est bien d’elles que ce billet va traiter, de ce syndrome malfaisant de l’été, de cet indice concordant qui vrombit, de cet Organisme Volant Nettement Insupportable, de cette plaie des braves… et même si on ne va pas en faire un éléphant, on ne va rien enculer non plus.
La mouche n’est pas que le petit point noir au centre d’une cible même s’il lui arrive de se poser exactement là. C’est un insecte diptère qui ne mérite pas son nom à moins de lui coller diptère de baffes avec, arme absolue, la célèbre tapette à mouches Zimboum © qui m’a rendu mondialement célèbre dans la salle à manger et quelquefois dans la cuisine. 


Interlude :


Reprenons. 
Certains esprits présumés forts nous parlent de la mouche domestique.
Si je tenais le connard qui l’a apprivoisée et l’a rendue si proche de nous.
Car non, d’abord nous ne formons pas qu’un seul corps mais je m’égare…

Entendons-nous bien, quand je dis proche, je veux dire collante.
Parfois surnommée merde volante, la mouche est plutôt dégueu (et même au sens propre).
Elle peut être verte, catégorie « à viande », ceci pour vous rappeler avec émotion de bons souvenirs, alimentaires par un exemple assez juteux qui pourrait bien si je n’y prends garde vous mettre les larmes aux yeux. 
Les mouches sont d’une certaine manière des charognardes, elles vivent dans les substances en décomposition et là, éclair, illumination, on comprend le mal qu’elles ont à quitter le Parti Socialiste, entre autres.
Mais trêve de putréfaction et revenons à nos moutons, si je puis me permettre. La mouche est aisément repérable, ce qui contredit l’appellation de « discrète » donnée à certaines d’entre elles. 
Particulièrement attirée par les lumières, la mouche laisse en paix n’importe quel ministre et n’importe quel animateur télé. Complétez tout seuls !
Souvent, c’est-à-dire toujours, la mouche se signale par une propension volubile à nous les briser en nous voletant dans les oreilles, dans la figure ou n’importe où qui fait chier. Un agacement sournois s’installe, les questions existentielles débarquent (Mais que fais-je là ? Et pourquoi moi ?), conjonction qui sape notre bienveillance et nous fait prendre les mouches avec un esprit vinaigre. 
Car ce n’est pas tout : la mouche est malfaisante de père en fils.
Un peu comme une calamité.
Vous voyez la malédiction des templiers, les rois maudits ? 
Ce n’est rien à côté.

Cela se vérifie -en plus de son patrouillage aérien- par une tendance forte à se poser aux endroits pénibles alors qu’on ne lui a rien fait. Comme on peste, au début un peu et que cela ne lui plaît pas, la mouche tique.
Ah ça, non mais…(à dire en imitant le cri du sang qui ne fait qu'un tour)

Il n’en faut pas plus déclencher les hostilités parrainées par Bégon (les prénoms ont été changés) ou Zimboum ©.
La mouche – qui n’est pas exactement fiable, rappelons-le- va se mettre à atterrir dans les recoins où elle va nous narguer car foncièrement c’est une saloperie.
Le nargage atteint le comble de l’insupportable lorsque, l’ayant finalement repérée, on va manquer lamentablement la cible (= la mouche) par petit a excès de confiance petit b manque de discrétion petit c maladresse congénitale (envoi d’une liste de stages de mise à niveau contre deux timbres). 
Je vous fais grâce de l’erreur de manip du bégon vert où l’on s’asperge « généreusement » la tronche à la suite d’une légère perte de patience, voire impatience, voire impulsivité, voire hyperréactivité, voire colère noire incontrôlable, voire putain  je vais m'la faire, qui s’est traduite par un oubli de vérifier certains détails avant attaque.
Le désormais célèbre « Merde j’ai oublié d’enlever le capuchon ! » viendrait de là et c’est aussi ce qui explique qu'on ne compte plus chez les personnes excédées le nombre de vitres fendues ou cassées à cause de ces chiures de mouches.
Sans parler des lampes, lampadaires, radios et télés éteintes à coup de bégon.
Mais ce n’est rien.
Car le comble de l’ignominie est atteint (oui, c’est possible et j’espère que vous êtes assis), allié à une très grande malchance inconnue des statistiques, lorsque la malfaisante dans sa pleine perversité se pose sur le manche de la tapette Zimboum ©.
Les études ont classé cette situation dans la catégorie « vide juridique » … 
Il n’y a plus qu’à abandonner, on vient de rater la mouche, le coche et sa vie. 
Les années venant, comme le nombre de mouches ne semble guère varier (je me demande bien d’où elles viennent), je sombre parfois (pourquoi le cacher) dans la non-violence, en adepte d’une méthode molle qui resterait encore à breveter : j’ouvre la fenêtre et ces connes peuvent s’y engouffrer. 
Voilà de quoi comprendre aisément la nostalgie qui m’étreint pourtant lorsque je pense parfois à certaines séances de chasse intensive où armé de mon Zimboum © favori j’ai suivi au pied de la lettre zélé et consciencieux l’expression faire mouche en détruisant des escadrons de mouches dans un farouche combat et un style pimpant qui n’a pas toujours rassuré mon entourage quant à mon état mental déjà préoccupant. Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui vole, mais je m’égare.
Risqué me direz-vous ? Peut-être vous répondrai-je mais je vous conseille vivement cette pratique saine, cathartique et bon marché. Pour une modeste somme – le prix modique de la tapette zimboum (c)  - vous pourrez vous retrouver en accord avec vous-même en vivant et en assumant une expérience reconstituante. On dit souvent de tel ou tel « il ne ferait pas de mal à une mouche », c’est vrai, mais à plusieurs, c’est plus un problème !
En tout cas ça marche, j’ai des témoins : les diptères tombent comme des mouches. 







10 commentaires:

  1. Tout en rigolant, je peux t'assurer que leur nombre ne varie pas ici non plus!
    Et apparemment elle sévissait en Irlande aussi du temps de Samuel Beckett.

    La mouche

    entre la scène et moi
    la vitre
    vide sauf elle

    ventre à terre
    sanglée dans ses boyaux noirs
    antennes affolées ailes liées
    pattes crochues bouche suçant à vide
    sabrant l'azur s'écrasant contre l'invisible
    sous mon pouce impuissant elle fait chavirer
    la mer et le ciel serein.

    Bonne chasse, vaillant écrivain.

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    1. La mouche irlandaise , il fallait que ce soit dit.
      Cheers.

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  2. Tu as fait mouche! Et que dire de ces mouches que les belles se collaient sur la joue et caressaient de l'éventail? Un coup de begon ou de tapette pour les en faire tomber?

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    1. Ouvrons l’œil et ne commettons point d'impair !

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  3. Empathie totale et curieuse convergence dans le résultat des recherches : je confirme l'efficacité du "rien faire sinon ouvrir la fenêtre". Et une observation faite un soir de très grande lassitude (une seule, mais grosse, qui parcourait tout l'appart' comme un hélico en Sarkozie) : quand la nuit tombe et qu'on éteint toutes les lumières, elle se planque quelque part au plafond et n'en bouge plus jusqu'au lever du jour. C'est toujours ça.
    C'est pas tout ça mais je dois me préparer, QUI A PRIS MA BOITE DE MOUCHES sur ma table à maquillage ?

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    1. maquillage, oui, comme s'il n'y avait pas déjà assez de mouches comme ça !!!

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  4. Bzzzzzz ... je suggère, avant la dépression totale, le classique papier tue-mouches, et le rideau à rubans multicolores, comme au Café du Centre :-)

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    1. Concentrons-nous sur l'observation des papillons !

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  5. Une mouche qui inspire mais qu'on souhaite faire expirer au plus vite ;)

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    1. Le bouche à oreille sur le mouche à mouche est létal !

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