mardi 17 avril 2018

Après la fin, le début


Je ne résiste pas, voici le message d'Arthur H.
De quoi forger "On n'est jamais mieux servi que par les siens..."
J'aime et je salue cette déchirante dignité.
 

JACQUES...
Un mot pour vous remercier de cœur à cœurs pour tous vos magnifiques et innombrables messages, votre tristesse tenace et toute la joie exprimée d’avoir vibré avec Jacques. Et aussi pour partager l’enterrement de grand prince gitan qu’on lui a fait et peut être consoler un peu votre tristesse. Pas de messe, pas d’église. Pour un être qui a tant chéri la liberté, l’indépendance et la fantaisie sans limite, c’eût été un blasphème ! On a posé son cercueil au centre de la piste du Cirque d’hiver. Juste entouré d’une mer de fleurs de tournesols qui captaient l’essence du Soleil. Dans les gradins, sa famille, ses amis et tout un public invisible : les fantômes heureux de tous ceux qui ont acclamé Jacques, au Cirque d’hiver ou ailleurs... La cérémonie a commencé. On a pleuré et ri. Sa belle voix tendre a encore résonné dans le cirque. Catherine Ringer a chanté L comme beauté. Camille a chanté Tiens j’ai dis tiens et j’ai pu, longtemps après la première fois, rechanter : pompiers, pompiers, j’ai des pompiers dans mon zizi. Camille a dansé autour du cercueil. Sonia Wieder-Atherton a joué, au violoncelle, une partita de Bach que Jacques adorait. Jeanne Cherhal a chanté Tombé du ciel. Daniel Auteuil a lu la lettre de Barbara sur Jacques. Sandrine Bonnaire a lu un poème de Baudelaire, le Mort joyeux. Ken, mon frère bien aimé, a pleuré en racontant le rêve qu’il a fait la nuit de la mort : Jacques qui s’enfuyait dans des ruelles en éclatant de rire. Princesse Izia, ma sœur bien aimée, a chanté une merveilleuse chanson qu’elle venait d’écrire sur son père : Dragon de métal. Elle a aussi dansé autour de Jacques. Brigitte Fontaine n’a pas eu la force de parler. Elle a enregistré un poème mystique pour Jacques qu’on a écouté et j’ai déposé sur le cercueil une grande plume qu’elle avait ramené pour son frère d’âme... J’ai dit un poème aussi : le Passage. Et j’ai chanté le Destin du voyageur. A la fin Mahut s’est mis aux congas, Izia a commencé à chanter Irradié, le cirque s’est enflammé. Ken et moi et des amis ont porté le cercueil, on a fait tout le tour de la piste en pleurant et en chantant pendant qu’Izia dansait. C’était le dernier tour de piste. La dernière fois que Jacques était sur une scène. Les cuivres ont joué le riff d’Irradié, la musique montait. Tout le monde était debout et pleurait en applaudissant. On a fait le tour du cercle magique. C’était plein d’énergie et de folie. Puis Jacques est sorti du cirque. On a inventé un nouveau rite. Aujourd’hui, quand c’est possible, même très simplement, on peut inventer des nouvelles cérémonies pour célébrer les gens qu’on aime. C’est très important de ne pas les laisser voler la mort... Au Père Lachaise on a senti tout l’amour incommensurable de son magnifique public chéri. On a chanté tous ensemble. On a écouté Parc Montsouris, J’suis qu’un grain de poussière, Le berceau de la vie et Tête en l’air. Et on a enterré Jacques. On est retourné au Cirque d’hiver pour boire des coups et faire la fête. Soyez joyeux quand vous pensez à lui ! On a eu tellement de chance de le croiser.
Aussi, il est mort paisiblement. Il a juste fermé les yeux et il est parti, sans souffrance. Je vous dis tout ça en espérant soulager votre peine. Merci. Je vous souhaite le meilleur. Jacques vit en nous tous maintenant. Son esprit est vivant. Je vous aime. Arthur.

dimanche 15 avril 2018

The spirit


 
https://www.youtube.com/watch?v=_EhkvaDvq_A


Cliquez sur l'image pour écouter l'extrait.
Si l'album en entier vous intéresse 
vous le trouverez très facilement sur Y...be !



1985.
Le pan celtique de mes goûts musicaux s’est construit et solidifié à Lorient.
Lors d’un festival interceltique ce fut le premier pour nous vécu tout une semaine en camping et majoritairement sous la pluie, ce qui est un constat et un souvenir à la fois !  
De la débrouille, de l’insouciance aussi, presque de l’apesanteur, des moments partagés entre amis, on était venu à plusieurs, des amis toujours là d’ailleurs. Et puis à mesure que j’écris ceci ravive aussi des choses très personnelles, nous étions déjà ensemble avec la future madame K depuis deux ans et plus de trente après (heu ouisongeur ), il nous arrive d’en reparler et surtout si une escapade en Bretagne semble se profiler !

Donc, pour plein de raisons, un morceau de mon cœur est planté là.
Lorsque je reviens (nous revenons plus exactement) c’est le pincement, le petit frisson qui fait comprendre à coup sûr qu’on est exactement là où il faut. 
Et c’est tout.
Alors, bien joli tout ça, mais 1985 ?
Nous avions découvert en concert les œuvres du compositeur irlandais Shaun Davey dont les compositions mêlent l’instrumentation traditionnelle ( uillean pipes notamment) et celle de l’orchestre.
J’en ai gardé des souvenirs qui ne s’ébrècheront pas et, dans les étagères, trois albums.  
Ce sont des suites, des histoires en musique : 
the Brendan Voyage, 
Granuaile, 
The Pilgrim.
Des moments instrumentaux, et des morceaux chantés, portés par la magnifique splendeur de la voix de Rita Connolly.

Cela suffit largement à me transporter.

jeudi 12 avril 2018

Dans l'ombre...

Cela n'a pas fait spécialement la Une...

Cecil Taylor 
un pionnier, un défricheur, une légende aussi, qui s'en va.

Et un hommage datant de quelques années avec un titre à la superbe ambiance de Jonathan Wilson,
avec "cachés" dans les chœurs, David Crosby et Graham Nash !

https://www.youtube.com/watch?v=uP6pk_XvUyw


Heaven and earth collide
May the spirit's guide be the one I navigate tonight
Well I'm just another hardened set of eyes
Looking for a miracle
Never the twain shall meet
Not even Jesus and al-Salam upon the street
So now violence and intolerance
Disappear as energy
Completely alone I remember the story
We all see the thunderbolt
We all feel the glory
It moves underneath us
The river - the blood of our heart
It's been there from the
Start'
Strangers and old friends arrive
Cecil Taylor's on the White House lawn tonight
Still now hope it travels wide
Uncertain times
Listen for the miracle'
Heaven and earth collide
May the spirit's guide be the one I navigate tonight
Well I'm just another hardened set of eyes
Looking for a miracle '
When completely alone I remember the story
We all see the thunderbolt
We all feel the glory
It moves underneath us
The river - the blood of our heart
It's been there from the
Start Start Start Start


mardi 10 avril 2018

Remplir les blancs


Ecopant le vide
L’amnésique
Par fragments
Voit s’échapper les filaments algues
Entremêlés

Le marécage de sa mémoire
Retient les signaux
Flottants, hésitants
Qui tournent en boucle aspirés
Dans la bonde de l’oubli

Les images sont floues
Les messages incertains et obscurs
Les visages s’estompent
Leur nom reste incomplet
Et devient irréel

Les échos parviennent, lointains
Assourdis et absorbés
Balises aux positions faussées
Renouer le fil, trouver le code
Quelle est l’adresse ?

Dans quelles profondeurs
Aux contours sombres
S’est perdue la boîte noire
Enfouie dans des sables inconnus
Où tout s’efface ?